
En bref
Le système de la retraite des médecins géré par la CARMF présente des défis comme la baisse de la valeur des points et l'allongement des durées de cotisation, rendant essentielle une bonne anticipation pour optimiser sa future pension.
Perlib vous propose, à travers cette étude pédagogique, des pistes concrètes pour comprendre et optimiser votre retraite de médecin. Bonne lecture !
Ce livre blanc vous éclaire sur les régimes de retraite des médecins, les évolutions récentes et les stratégies d'optimisation pour votre future pension. Face à l'incertitude et aux complexités, une bonne préparation est essentielle.
En tant que médecin, vous cotisez obligatoirement au régime de base (RB) géré par la CARMF et au régime complémentaire vieillesse (RCV). Si vous êtes conventionné, une cotisation supplémentaire au régime ASV est également obligatoire.
Le régime de retraite obligatoire pour les médecins, géré par la CARMF, verse des pensions dont la valeur tend à diminuer. Par exemple, la valeur du point du régime complémentaire (RCV) est passée de 72,50€ en 2008 à 69,70€ depuis 2020. Pour les ASV, les médecins ayant liquidé leur retraite avant le 1er janvier 2011 ont vu la valeur des points acquis avant le 1er janvier 2006 baisser progressivement. En 2020, la valeur du point est établie à 11,31€. Ces données historiques illustrent la nécessité d'anticiper les baisses potentielles.
La hausse du taux de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) en 2018 (de 6,6% à 8,3%) a déjà impacté le montant net des pensions. La CSG, prélevée sur les pensions, participe au financement de la Sécurité sociale et de l'assurance chômage.
De plus, les conditions pour obtenir une retraite à taux plein se sont durcies. Pour les générations nées après 1973, il faut désormais valider 172 trimestres (soit 43 ans d'activité), contre 160 trimestres pour un médecin né avant 1949. Cette exigence croissante met en lumière l'importance d'un suivi précis de votre relevé de carrière. Voici un récapitulatif du nombre de trimestres requis pour partir à taux plein, selon votre année de naissance :
Année de naissance | Nombre de trimestres |
1953 et 1954 | 165 (41,25 ans) |
1955 à 1957 | 166 (41,5 ans) |
1958 à 1960 | 167 (41,75 ans) |
1961 à 1963 | 168 (42 ans) |
1964 à 1966 | 169 (42,25 ans) |
1967 à 1969 | 170 (42,5 ans) |
1970 à 1972 | 171 (42,75 ans) |
1973 et années suivantes | 172 (43 ans) |
Le montant de retraite d'un médecin généraliste ou la retraite moyenne d'un médecin au CARMF sont des questions fréquemment posées. Il n'existe pas de réponse unique tant ils dépendent de multiples facteurs : carrière, revenus, cotisations, points acquis, durée de cotisation et âge de départ. Comprendre ces mécanismes est la première étape pour estimer et optimiser votre future pension.
L'idée de passer à un régime unique universel, évoquée par le passé, a été abandonnée. La CARMF conserve son fonctionnement spécifique pour la retraite des médecins. Le système par points reste en vigueur, mais les défis ne manquent pas.
Un point d'attention majeur pour certains médecins était le taux de cotisation envisagé dans l'ancien projet de réforme universelle, jugé potentiellement trop élevé pour les professionnels libéraux sans part patronale. Bien que ce projet soit écarté, la question des charges reste centrale pour les médecins. La suppression de l'ASV (Allocations Supplémentaires Vieillesse), également un ancien projet de réforme, soulevait des inquiétudes quant à l'incitation des médecins à se conventionner. En effet, l'Assurance maladie prend en charge deux tiers des cotisations ASV pour les médecins de secteur 1. La disparition d'un tel dispositif aurait pu pousser certains à se déconventionner, optant pour des tarifs libres.
Malgré des réserves solides (plusieurs milliards d'euros), la CARMF doit faire face à une population médicale vieillissante. Le ratio cotisants/retraités (1,63 médecins cotisants pour un retraité en 2026) est sous pression et devrait continuer d'augmenter dans les années à venir. Cette démographie rend d'autant plus crucial d'anticiper et de préparer sa propre retraite pour sécuriser ses revenus futurs.
Deux produits d’épargne sont particulièrement adaptés pour vous aider à vous constituer une retraite supplémentaire solide : le Plan Épargne Retraite (PER) et l’assurance-vie.
Le PER : un levier fiscal pour votre retraite de médecin
Le PER, introduit par la loi PACTE en 2019, a remplacé l'ancien contrat Madelin. Il conserve les avantages fiscaux du Madelin tout en offrant une flexibilité accrue : plus d'options de sortie (notamment en capital), des cas de déblocage anticipé étendus et une grande souplesse pour vos versements.
La structure juridique de votre activité (BNC, SELARL, SARL, etc.) peut financer vos cotisations au PER, avec des avantages fiscaux :
- Pour une SELARL : les cotisations sont considérées comme une charge déductible du résultat, réduisant ainsi l'impôt sur les sociétés (IS).
- Pour un statut BNC : les cotisations viennent diminuer votre bénéfice non commercial (BNC), et par conséquent, votre impôt sur le revenu (IR).
Ces cotisations versées par votre société vous permettent d'acquérir des droits supplémentaires pour votre retraite tout en optimisant votre fiscalité. Pour connaître votre plafond de déductibilité, n'hésitez pas à utiliser notre simulateur de plafond PER.
Avec le PER, vous bénéficiez d'une souplesse inédite pour l'accès à votre capital :
- À la retraite : à l'âge légal de départ à la retraite (actuellement 64 ans pour les générations nées après 1968, suite à la réforme de 2023), vous pouvez choisir entre une sortie en capital, une rente viagère ou un mix des deux. Durant la phase d'épargne, vos versements sont déductibles de votre revenu imposable, vous offrant une réduction d'impôt immédiate.
- En cours de contrat : le PER autorise des sorties partielles ou totales en capital pour des événements spécifiques, comme l'achat de votre résidence principale ou certains accidents de la vie.
Le PER est un excellent outil pour compenser les lacunes des régimes obligatoires et compléter votre pension de retraite de base, souvent modeste pour les médecins. Il vous aide à maintenir un bon niveau de vie une fois l'activité professionnelle terminée. N'hésitez pas à simuler votre PER pour estimer votre future rente PER.
L’assurance-vie demeure l'un des placements préférés des Français et un excellent support pour se constituer une retraite supplémentaire. Historiquement conçue pour garantir un capital ou une rente, elle est aujourd'hui un outil polyvalent pour l'épargne, la préparation de projets immobiliers, la transmission de patrimoine avec une fiscalité avantageuse, et bien sûr, la préparation de votre retraite.
Vous pouvez mettre en place des versements programmés pour une épargne régulière et significative, garantissant un capital confortable au moment de votre départ à la retraite. L'assurance-vie offre une fiscalité attractive, car les intérêts ne sont pas imposés annuellement comme sur d'autres produits. La fiscalité s'applique uniquement en cas de retrait (rachat partiel ou total) et devient plus avantageuse après 8 ans.
Si vous choisissez l'assurance-vie pour améliorer votre retraite, vous pourrez, au moment de votre cessation d'activité, effectuer des rachats partiels programmés. Ces revenus complémentaires viendront alors augmenter votre pension de retraite. C'est un moyen flexible et efficace de diversifier vos sources de revenus pour une retraite sereine.
Médecin : optimisez votre retraite !
Le régime de base des médecins : fonctionnement détaillé
Le régime de base de retraite des médecins est géré par la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF). Les règles de calcul et de revalorisation sont cependant définies par la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL). Tous les médecins libéraux sont tenus de cotiser à la CARMF, à l'exception de ceux exerçant exclusivement en milieu hospitalier ou public.
La retraite de base pour les médecins est calculée sur un système par points, mais la validation de trimestres reste cruciale pour l'obtention d'une retraite à taux plein.
Pour valider un trimestre en 2026, le revenu minimum requis est revalorisé chaque année. À titre d'exemple, en 2021, il fallait gagner au moins 1 554,58 euros pour valider un trimestre, soit 6 218,32 euros pour quatre trimestres sur l'année.
Le régime de base des médecins est structuré en deux tranches de cotisations, basées sur votre revenu professionnel annuel et le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) :
- 8,23% sur la tranche 1 : revenus professionnels annuels compris entre 0 et 41 136 euros (correspondant à 1 fois le PASS de 2021, ce montant étant revalorisé annuellement).
- 1,87% sur la tranche 2 : revenus professionnels annuels allant jusqu'à 205 680 euros (soit 5 fois le PASS de 2021, également revalorisé annuellement).
L’acquisition des points de retraite se fait proportionnellement à vos revenus cotisés. Voici quelques exemples (basés sur le PASS 2021) :
- Pour un revenu de 20 568 euros : acquisition de 263 points au titre de la tranche 1 et 2,5 points au titre de la tranche 2.
- Pour un revenu de 41 136 euros : acquisition de 525 points au titre de la tranche 1 et 5 points au titre de la tranche 2.
- Pour un revenu de 82 272 euros : acquisition de 525 points au titre de la tranche 1 et 10 points au titre de la tranche 2.
Le fonctionnement du régime complémentaire vieillesse (RCV)
À l'instar du régime de base, le RCV fonctionne également par un système de points. Si vous avez moins de 40 ans lors de votre installation, vous bénéficiez d'une exonération de cotisations au RCV pendant vos deux premières années d’activité libérale. Les cotisations deviennent obligatoires à partir de la troisième année, calculées sur vos revenus professionnels N-2, dans la limite de 3 fois le PASS de l’année N. Par exemple, pour 2020, cette limite était de 143 976 euros (ce montant est revalorisé annuellement). Le taux de cotisation pour le RCV est de 9,80%.
À titre d'exemple, si votre revenu imposable était de 50 000 euros en 2018, vos cotisations au RCV se seraient élevées à 4 900 euros pour 2020, vous permettant d'acquérir 3,6 points.
Une exonération de cotisations au RCV est possible si vos revenus sont trop faibles. Pour l'année 2019, si vos revenus n'excédaient pas 5 300 euros, vous pouviez être exonéré à 100%. Ce barème est dégressif et permet une dispense de cotisations jusqu’à un revenu imposable de 28 500 euros (ces seuils sont revalorisés annuellement).
Pour liquider votre retraite complémentaire des médecins à taux plein, l'âge de référence est de 65 ans. Il est possible de la liquider dès 62 ans, mais une décote de 5% est appliquée par année manquante : ainsi, la décote serait de 15% à 62 ans, 10% à 63 ans et 5% à 64 ans. À l’inverse, si vous la liquidez après 65 ans, une surcote de 3% est appliquée par année supplémentaire (par exemple, 12% pour un départ à 69 ans).
Les allocations supplémentaires vieillesse (ASV) : êtes-vous concerné ?
Si vous êtes médecin conventionné (ayant signé la convention avec la Sécurité sociale), l'affiliation au régime des ASV est obligatoire. En 2016, selon la CARMF, ce régime représentait en moyenne 35% de la pension totale des médecins. Cette allocation contribue significativement à la pension finale.
Ce régime comporte deux types de cotisations : une cotisation forfaitaire, identique pour tous, indépendamment du revenu (par exemple, 5 253 euros en 2020, montant revalorisé annuellement) et une cotisation proportionnelle, calculée sur le revenu professionnel à un taux de 3,80%.
Pour les médecins conventionnés de secteur 1, l’Assurance maladie prend en charge les deux tiers de ces cotisations, un avantage non négligeable. Pour ceux du secteur 2, le médecin s'acquitte de l'intégralité des cotisations.
Les conditions de liquidation des ASV sont similaires à celles du RCV. Les ASV permettent d’acquérir un maximum de 36 points (dont 27 points grâce à la cotisation forfaitaire et jusqu’à 9 points via la cotisation proportionnelle).
En conclusion, en tant que médecin, votre retraite s'articule autour de trois régimes complémentaires : le régime de base, le RCV et les ASV. Les conditions d'obtention de la retraite à taux plein se sont durcies, et la réforme des retraites de 2023, qui a réhaussé l'âge légal et allongé la durée de cotisation pour le régime général, rend d'autant plus essentielle une anticipation proactive.
Pour vous garantir une meilleure pension de retraite, deux solutions se distinguent particulièrement : le Plan Épargne Retraite (PER) et l'assurance-vie. Ces dispositifs offrent des leviers de défiscalisation et d'accumulation de capital ou de rente viagère.
Vous avez la possibilité de diversifier votre portefeuille en investissant sur un ou plusieurs de ces supports (PER et Assurance-Vie), et en complétant, si vous le souhaitez et en avez la possibilité, par des placements immobiliers. L'objectif est de construire une retraite adaptée à vos attentes et à votre niveau de vie.
Médecin : anticipez et optimisez votre retraite !
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